Les avantages environnementaux du transport collectif sont connus. Si le message semble (enfin!) passer, on oublie souvent que le transport collectif apporte de nombreux bénéfices à la société. Des retombées multiples qui en font un levier de développement incroyable qu’on gagnerait à mieux exploiter.

 

À l’heure où le gouvernement désire transformer le Québec de plusieurs façons et souhaite concilier économie et développement durable, nous croyons que le transport collectif doit se retrouver au cœur de sa stratégie.  Nos décideurs politiques auront l’occasion de nous démontrer leur engagement clair en faveur du transport collectif avec la présentation de leur prochain plan budgétaire.

 

Sur le plan économique, la congestion est devenue un frein; les milieux d’affaires l’ont déjà décrié. Entre les heures perdues dans la circulation et les marchandises qui se déplacent plus lentement, les effets de la congestion sont tels qu’ils plombent notre performance économique. Un virage important vers le transport collectif se traduirait par de nombreux gains.

 

D’ailleurs, les investissements en transport collectif sont un moteur important pour notre prospérité. Nous savons que le transport collectif génère des retombées économiques de près de trois fois supérieures à celles du transport privé par automobile, notamment parce que le Québec est un important producteur et exportateur d’équipements de transport en commun.  

 

C’est sans compter que le transport pèse lourd dans le budget des familles, surtout si elles s’appuient sur leur automobile pour se déplacer. Le transport constitue le deuxième poste le plus élevé de dépense des ménages et 85 % de cette somme est directement imputable à la possession d’un véhicule. En faisant le choix du transport collectif, une famille économisera considérablement.

 

Les impacts positifs du transport collectif se font également ressentir sur la santé de la population. Une personne qui se rend à son travail en autobus plutôt qu'en voiture marche en moyenne 24 minutes, ce qui réduit significativement les risques d'obésité et de diabète. La diminution de l’utilisation des voitures quant à elle influe sur la qualité de l’air, surtout pour ceux qui vivent près des axes routiers.

 

Le Québec est à l’heure des choix, et le gouvernement a déjà indiqué clairement depuis janvier 2019 qu’il compte agir énergiquement. Plusieurs projets progressent bien et d’autres ont récemment été annoncés. Toutefois, les décisions à prendre sont encore nombreuses et stratégiques pour la suite des choses, afin de permettre à l’ensemble des citoyens d’avoir accès à des services de transports collectifs de qualité et abordables. Pour y parvenir, il est essentiel que tous les acteurs du milieu de la mobilité collaborent ensemble au profit des usagers à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une vision commune de mobilité pour chacune des régions du Québec.

 

Considérant non seulement la crise climatique, mais aussi l’importance du transport collectif comme levier de développement, nos attentes envers le prochain budget sont élevées. Il est primordial que la répartition des investissements en matière de mobilité soit à parts égales entre le transport collectif et le transport routier. Sans aucun doute, cela se traduira par des bénéfices concrets dans la vie d’un grand nombre de Québécoises et Québécois.

 

François Pepin

Président de Trajectoire Québec